Rosebud, chronique d'un jardin ouvrier à M sur m

L’herbier de Rosebud (Janvier-début avril) #3

Avoir un jardin c’est bien sûr avoir le plaisir de planter les fleurs, herbes ou légumes que l’on aime, ou dont on a besoin.. Mais avant de planter les premières menthes, les giroflées tant aimées ou les premiers rosiers à Rosebud, je découvrais tout un monde floral et herbeux déjà existant, le résultat du passage précédent d’autres jardiniers et des longs mois, peut être même un ou deux ans, de délaissement. C’était comme si je devais écrire ma propre page sur une feuille comportant déjà de beaux fragments d’écriture.

Nous n’avons pas fauché ni labouré tout le terrain comme le font certains autres jardiniers qui souhaitent démarrer leur propre histoire « au carré » sur un support redevenu vierge, « propre » et net. Au contraire, tout en nous livrant au fil des mois à nos premiers essais de plantation : des capucines, de la lavande , des herbes aromatiques, des tournesols, des courges données par le voisin de jardin Romain, des pommes de terre offertes par un autre voisin, Nicolas, des tomates (ratées) , des rosiers et un pommier de chez Monique et Jean Lin de Mela Rosa, je passais surtout beaucoup de temps à observer et à essayer d’apprendre le nom des plantes qui parsemaient déjà le terrain.

J’ai pris des photos, cherché, demandé aux voisins.

J’envoyais spontanément des photos de Rosebud à des connaissances du moment, mais je dois dire que j’étais loin de recevoir toujours en retour l’enthousiasme qui me portait, certains étaient même consternés que je puisse aimer un tel fouillis et me souhaitaient non pas le bonheur que j’avais déjà, mais surtout bon courage, en me plaignant sincèrement.

Plaisir du café le matin à Rosebud

Aujourd’hui, une année s’est écoulée et c’est une joie depuis février d’assister au recommencement, à la réouverture du théâtre du jardin qui lui n’est pas obligé de fermer ses portes.

Je vais tenter de présenter ici les « habitants » de Rosebud, avec toutes les imperfections et les incertitudes de la jardinière très inexpérimentée et approximative que je suis. Et je ne doute pas que les regards experts des vrais jardiniers, lecteurs de ces quelques lignes, ne repèrent les erreurs ou les manquements.

La haie de chèvrefeuille arbustif constitue toujours le solide enclos de Rosebud, nous l’avons simplement un peu limitée , par petites coupes de longues cisailles ou de sécateur, dont le bruit métallique et sec me plait infiniment plus que celui du taille haie électrique. Vous l’avez compris : Rosebud n’aura jamais de haie taillée au cordeau. Elle est recouverte par endroit de clématites sauvages :

« avec pour seules compagnes les lianes de la clématite sauvage où l’on pourrait se prendre les pieds  »

Philippe Jaccottet, Couleur de terre

Les ronces, les lierres, les mousses, et les orties, compagnons de la première heure sont toujours là, même si l’on a éclairci, ne serait-ce que pour retrouver l’allée du jardin et dégager des espaces de plantation.

Mais à ce jour : un seul pissenlit..Je me demande pourquoi. Je vais en planter.

La fougère plantée l’année dernière a tenu bon, mais n’a pas dû être mise au bon endroit ? ou peut être est-ce le sol calcaire qui ne convient pas ? Elle semble un peu chétive.

Cette année ,nous avons pu voir les perce neiges pour notre premier mois de février au jardin.

Les véroniques, le lierre terrestre et les primevères multicolores que nous n’avons pas plantés se sont multipliés en mars.

Véroniques
lierre terrestre

Les pâquerettes ont commencé de parsemer le chemin

La jonquille est revenue, elle était là à notre arrivée.. En la voyant je me suis promise de ne pas manquer d’en planter à l’automne.

Non loin d’elle, le premier myosotis a éclos le jour de Pâque

Le lupin, précieux souvenir des jardins de mes grands parents, est réapparu.

La cardamine des bois semble s’être étendue également …

Ainsi que les euphorbes, il parait qu’elles éloignent les taupes…

Déjà la ciboulette , la mélisse et la menthe sont de retour

Le romarin est vigoureux

Et les lilas sont bientôt fleuris

Et puis il y a depuis Juin dernier, l’hortensia de Moise (13 avril 1946- 10 juin 2020), qui aurait dû avoir 75 ans aujourd’hui…

2 commentaires sur “L’herbier de Rosebud (Janvier-début avril) #3

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